La Société d’histoire de Joliette-De Lanaudière a pour mission de favoriser une meilleure connaissance de l’histoire de la Ville de Joliette et de celle de Lanaudière par le biais de conférences, de publications et d’expositions.
Pour mener à bien sa mission, la Société d’histoire a développé et professionnalisé au fil des ans un centre d’archives. En s’appuyant sur les normes en vigueur en archivistique et notamment sur les politiques internes de la Société, les services du centre visent à acquérir, conserver, traiter et rendre accessible au plus grand nombre des documents historiques originaux.
Les collections et fonds que gère le centre d’archives de la Société d’histoire illustrent l’existence et les activités de personnes physiques et morales rattachées à la ville de Joliette mais aussi celles et ceux rattachés au territoire de Lanaudière.
Le 13 mars 1929, la Société historique de Joliette voit le jour à l’initiative de monsieur l’abbé Eugène Martin. De nombreux notables de la Ville de Joliette entourent le religieux dans ce projet. À la présidence du conseil d’administration se trouve un personnage de prestige, Sir Joseph-Mathias Tellier, qui fut juge, maire de Joliette et chef de l’Opposition officielle à l’Assemblée nationale.
C’est à cette époque que la Société historique saisit l’opportunité d’acquérir des documents laissés par le régime seigneurial, notamment des papiers de famille des De Lavaltrie et des De Lanaudière. Le 10 mars 1934, la Société est officiellement incorporée et installe ses bureaux dans l’enceinte de l’évêché de Joliette. Les premiers fonds d’archives sont alors conservés dans la grande voûte de l’aile construite en 1922 à l’arrière du palais épiscopal, à proximité de la bibliothèque de l’évêché, qui accueille également les membres de la Société.
Durant les décennies suivantes, soit des années 1940 aux années 1970, la Société historique amasse, sous forme de fonds ou souvent à la pièce, des documents textuels, des documents iconographiques ainsi que des objets témoignant du passé de Joliette et de sa région. À partir des thèmes qui s’en dégagent, les auteurs les plus éloquents de la ville rédigent de nombreux récits historiques publiés dans le journal L’Action populaire sous la bannière de la Société. La tradition des conférences proposées par celle-ci naît également à cette époque.
Le personnage central de cette longue période de conservation et de diffusion est nul autre que Mgr Omer Valois. Sous sa direction, les archives déposées dans la voûte du palais épiscopal sont classées et, surtout, identifiées.
Les archives de la Société sont conservées à l’évêché jusqu’en 1983. À la suite d’une entente notariée entre la Ville de Joliette et la corporation épiscopale, la Société déménage ses archives ainsi que ses activités de diffusion à l’hôtel de ville de Joliette, situé au 614, boulevard Manseau. La Ville s’engage alors à conserver les documents de la Société historique et à en faciliter la consultation.
En 1987, l’historienne Hélène Lafortune (1955–2015) dresse et publie l’inventaire structuré de la collection de la Société historique. L’heure est au bilan, et les dirigeants constatent avec enthousiasme le caractère unique de cette collection. Le 28 août de la même année, la Société historique de Joliette devient la Société d’histoire de Joliette-De Lanaudière. Monsieur l’abbé et auteur François Lanoue en assume alors la présidence, tandis que monsieur l’abbé J.-Hector Geoffroy occupe le poste d’archiviste. Chercheur rigoureux, l’abbé Geoffroy contribue grandement à la mise en valeur des fonds et collections de la Société d’histoire.
À la fin des années 1990, l’arrivée de madame Claire L. Saint-Aubin marque un renouveau pour la Société d’histoire. Dès le début des années 2000, entourée d’une équipe de bénévoles engagés, cette professeure de secondaire à la retraite dynamise le travail de collecte, de conservation et de diffusion déjà amorcé. Dans le but de doter la vénérable Société d’histoire d’un centre d’archives conforme aux normes en vigueur en archivistique, madame Saint-Aubin embauche des archivistes professionnels, notamment madame Mireille Lebeau, afin de traiter les documents, et ce, grâce au Programme de soutien au traitement des archives de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Des fonds sont répertoriés, des collections constituées et, surtout, la Société d’Histoire dote son centre d’archives d’un État général des fonds.
Après plusieurs années de travail et de sollicitations, la Société d’histoire de Joliette – De Lanaudière compte une centaine de membres et ses conférences mensuelles sont de plus en plus courues.
Toutefois, la Société d’histoire se trouve à l’étroit dans les locaux du boulevard Manseau, et des doléances sont formulées par ses dirigeants. Conformément à son engagement de 1983, la Ville de Joliette accepte, à l’automne 2009, d’héberger la Société à l’étage de L’Arsenal, sur la rue Archambault à Joliette, un bâtiment patrimonial entièrement rénové et muni d’un ascenseur.
Sur une superficie de plusieurs mètres carrés prennent place un magasin-entrepôt destiné à la conservation des archives, une bibliothèque dotée d’un espace de consultation ainsi que les bureaux administratifs. Les conditions de conservation des documents archivistiques y sont alors grandement améliorées.
À la suite du départ de madame Claire L. Saint-Aubin, en décembre 2014, le conseil d’administration confie la direction générale de l’institution à monsieur Jean-Claude De Guire, muséologue et archiviste.
Comptant aujourd’hui plus de 120 membres et s’appuyant sur l’engagement de fidèles bénévoles, la Société d’histoire et son Centre d’archives poursuivent la valorisation et la diffusion d’un riche patrimoine archivistique par la tenue de nouvelles expositions, l’organisation de voyages historiques et l’acquisition, puis le traitement, de nouveaux fonds et collections.
Le 26 février 2018, la Société d’histoire voit son Centre d’archives officiellement reconnu par Bibliothèque et Archives nationales du Québec et obtient le statut de Service d’archives privées agréé (SAPA).
En 2021, le Centre d’archives de la Société d’histoire, Service d’archives privées agréé, conserve de nombreux fonds liés au patrimoine religieux, militaire et civil.
Bâtiment de brique de 47 pi sur 56 pi, l’Arsenal a été construit en 1908. Il comprend deux étages et un sous-sol. Sa construction a été assurée par Messieurs Simoneau & Dion de Sherbrooke, selon les plans de l’architecte Alphonse Durand.
— Coût de l’édifice : 15 790 $
— Coût du terrain : 400 $
L’Arsenal, aussi appelé manège militaire, est situé au 585, rue Archambault, à Joliette.
Le Régiment de Joliette y établit son quartier général durant la Deuxième Guerre mondiale. Le bâtiment abritait alors les bureaux du commandant, des sergents et des officiers, une salle de réception ainsi qu’un entrepôt d’armes aménagé au sous-sol.
On y formait des militaires et des dignitaires y étaient reçus lors de visites officielles à Joliette. À cette époque, la salle servait également à la tenue de soirées et de cérémonies, notamment pour la remise de médailles ou l’accueil de soldats revenant de l’étranger. Des dames auxiliaires y organisaient aussi des buffets et des réceptions destinés aux soldats les plus démunis.
En 1967, le gouvernement fédéral devient propriétaire des lieux et y aménage des bureaux. Durant les années 1980, Monsieur Roch Lasalle, député du comté de Joliette à la Chambre des communes, y installe ses bureaux.
En 1991, la Ville de Joliette acquiert l’immeuble pour la somme de 208 000 $.
Elle y installe la bibliothèque municipale, gérée par la Maison de la culture Bonsecours de Joliette jusqu’à l’été 2006.
En 2009, la Ville investit un million de dollars pour réaménager le bâtiment, le mettre aux normes et y installer un ascenseur.
Aujourd’hui, l’Arsenal abrite la Société d’histoire de Joliette-De Lanaudière, une salle de réunion ainsi qu’une salle polyvalente utilisée par la Ville pour la tenue de réceptions et d’expositions.